Traduction de documents bancaires

Lorsque l’on parle de traduction dans le monde bancaire, la traduction financière nous vient automatiquement à l’esprit, car dans de nombreux cas, les textes financiers sont émis par les banques. Cependant, certains spécialistes de ce domaine ont mis en évidence le fait qu’il n’existe pas un seul type de traduction financière, mais que celle-ci peut être subdivisée en plusieurs groupes ayant leurs propres caractéristiques. À cet égard, le monde bancaire offre une sous-spécialité au sein de la traduction financière ; mais, au lieu de parler de traduction bancaire, nous parlerons de traduction de documents bancaires, car nous considérons que ces traductions se réfèrent davantage à un lexique bancaire qu’aux textes eux-mêmes.

En ce qui concerne les documents bancaires, le premier aspect à prendre en compte est que le mieux que l’on puisse faire est une traduction équivalente, c’est-à-dire une traduction dans laquelle les termes qui apparaissent dans le texte source sont adaptés à la langue cible afin qu’ils soient parfaitement lisibles en fonction de leur sens et de leur contexte. Dans de nombreux cas, cela entraîne la nécessité de consulter des sources terminologiques afin de trouver le terme le plus approprié à ce que l’on veut exprimer. Dans le cas contraire, on risque de ne pas savoir ce que l’on dit et que l’information donnée ne parvienne pas correctement au destinataire.

Une autre caractéristique de ce type de traduction est la tendance progressive à l’unification lexicale, en particulier sur les marchés internationaux, avec une nette prépondérance de l’anglais comme lingua franca. Sur le marché étranger, le traducteur doit tenir compte de trois domaines lorsqu’il traite des documents bancaires : le domaine économique, le domaine juridique (et dans le domaine juridique, en particulier le droit commercial, le droit international et le droit pénal) et le droit bancaire proprement dit. A ces trois domaines, on pourrait ajouter le marché monétaire, car la connaissance des différentes monnaies et leur évaluation dans les bourses doit être connue au moment de la traduction du document bancaire.

Cependant, cette unification semble se faire à huis clos, car au niveau national, la terminologie utilisée diffère d’une banque à l’autre, ce qui rend la tâche du traducteur de documents bancaires encore plus difficile. Par exemple, compte tenu du binôme prêteur/prêté, certaines banques utilisent la paire « donneur »/ »preneur », d’autres « créancier »/« débiteur », d’autres encore « prêteur »/« emprunteur » ; le sens est exactement le même : celui qui donne ou prête, d’une part, et celui qui prend ou reçoit, d’autre part. De plus, cette différenciation terminologique peut être causée non seulement par une simple question de préférence selon la banque, mais il peut y avoir une intentionnalité sous-jacente. Par exemple, le mot « prêteur » dans les conditions générales d’une police de crédit personnel ou d’un prêt commercial tend à disparaître et est remplacé par d’autres tels que « garant ». Bien sûr, on ne peut pas dire avec certitude quelle en est la véritable raison, mais ce qui est clair, c’est que le mot « prêteur » a une connotation très forte : une personne qui prête de l’argent avec des intérêts. Il n’est donc pas surprenant que les banques essaient d’adoucir quelque peu cette terminologie, afin de donner un sentiment de sécurité au client.

Dans le langage bancaire, l’intentionnalité communicative du message est donc un élément à prendre en compte, et l’on peut distinguer deux grands types de textes en fonction de leur intentionnalité : d’une part, les textes bancaires à caractère éminemment informatif (analyse des risques, bilans, comptes de résultats…), et d’autre part, les textes à caractère argumentatif, qui comprennent tous les documents publicitaires d’une banque dans lesquels celle-ci tente de convaincre le client des avantages de ses produits financiers. Ces derniers doivent adapter leurs textes aux besoins et aux exigences du client, et doivent donc être rédigés afin que le client puisse les comprendre et se sentir attiré par l’offre.

La traduction de textes bancaires peut être nécessaire dans de nombreuses situations et procédures : fusions et acquisitions, obtention de ressources financières, collaborations commerciales, services comptables, etc. Dans tous ces cas, il est nécessaire de faire appel à un traducteur professionnel spécialisé.

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Carlos Sánchez Luis

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